Quinoa aux champignons, betterave et fourme d’Ambert – Un certain Blaise Pascal…

Quinoa aux champignons, betterave et fourme d'Ambert - 1

Cuisine du quotidien.

Saveurs terreuses de trois sortes, qui s’harmonisent.

etc., etc.

Si j’arrêtais là mon article, il pourrait ressembler à une version terre-à-terre d’une pensée de Pascal. Vous connaissez le poème de Jacques Prévert?

« LES PARIS STUPIDES

Un certain Blaise Pascal

etc… etc… « 

Blaise Pascal, c’était un jeune homme brillant. Il avait de grands projets. Et il avait plein d’idées, tout le temps, et il notait tout, pour préparer son futur bouquin. Malheureusement, il est mort avant d’avoir commencé à rédiger au propre. Mais comme on savait que c’était un génie, on a soigneusement rassemblé toutes ces notes éparses: cahiers, carnets, bouts de papiers, rouleaux de parchemin, emballages de bonbon, serviettes de tables… Si on a pas gardé ses listes de courses, c’est probablement parce qu’il ne faisait pas ses courses lui-même. Et on a assemblé et classé tout ce fouillis, et on a appelé ça Pensées.

Mais comme Pascal était un génie, ce qui aurait pu être un goulbi-goulba incompréhensible est en fait une mine de textes très courts, très concis, qui dépeignent des idées originales avec un sens de la formule ahurissant. Entendons-nous bien: c’est quand même relativement chaotique et difficile à comprendre. Comme Pascal, lui, savait ce qu’il voulait dire, il se contentait souvent de noter une demi-phrase suivie d’un « etc », juste pour s’en souvenir plus tard. Mais c’est ce qui fait tout le charme des Pensées!

Je vous conseille donc vivement de tenter une fois dans votre vie une « expérience Pascal » (frissons garantis!): allez à la bibliothèque, prenez un exemplaire des Pensées et ouvrez-le au hasard. Notez les pensées qui vous plaisent. Avoir un petit répertoire de pensées de Pascal, c’est très utile dans la vie quotidienne, de plusieurs façons:

  • Préparez des biscuits de la fortune chinois, et garnissez-les d’une pensée (faudra que j’essaye!).
  •  Utilisez une pensée à l’improviste pour faire prendre un tour plus intéressant à une conversation ennuyeuse à table. Valable aussi pour les moments où vous ne savez plus quoi dire, ou ceux où vous êtes sur le point d’être pris en flagrant délit d’avoir tort.
  • Affichez-les dans vos toilettes pour impressionner vos amis. Par contre, vos invités risquent d’y rester plus longtemps (le temps d’essayer de comprendre quelque chose…) et d’en ressortir troublés.
  • Utilisez les Pensées comme un ouvrage de divination. Si si ça marche! C’est garanti aussi exact que l’horoscope du Gorafi.
  • Evincez un « dragueur » de rue trop insistant avec classe en lui balançant une pensée qui n’a aucun rapport avec le contexte (voir le guide d’autodéfense d’Irene Zeilinger pour plus d’infos sur cette technique).
  • En tatouage (réservé aux vrais passionnés).
  • Pour provoquer une méditation. Parce que, blague à part, Pascal, c’est quand même de la bonne philosophie.

J’aimerais pouvoir vous expliquer exactement à quoi fait référence le poème de Prévert cité plus haut. Malheureusement, ça me forcerait à transgresser une des règles que je me suis imposée en créant ce blog: ne jamais parler de religion sur internet. Donc si ça vous intéresse, vous pouvez chercher « pari de Pascal » sur Wikipédia, et vous pourrez décider par vous-même s’il s’agit d’un pari stupide ou non!

Quinoa aux champignons, betterave et fourme d'Ambert - 2

Quinoa aux champignons, betterave et fourme d’Ambert

Pour 2 personnes:

  • 2 beaux champignons de Paris
  • 1 betterave (environ 150g) crue
  • 1 gousse d’ail, hachée
  • 85g de quinoa
  • 25g de fourme d’Ambert
  • 2 cuillérées à café de beurre clarifié
  • 1 pincée de gros sel

Emincez les champignons. Epluchez la betterave et coupez-la en petits dés.

Faites chauffer une poêle à feu moyen-vif et versez-y le beurre clarifié. Mettez les champignons dans la poêle, si possible en une seule couche. Laissez-les saisir quelques minutes, sans remuer, jusqu’à ce que la face côté poêle soit dorée. Puis remuez et ajoutez la betterave. Faites sauter une minute en remuant souvent.

Rincez le quinoa, puis versez-le dans la poêle. Ajoutez 3 fois son volume d’eau.

Ajoutez l’ail et le sel. Remuez rapidement pour mélanger puis baissez le feu, couvrez et laissez cuire sans rien faire jusqu’à ce que le quinoa ait absorbé toute l’eau et soit cuit (environ 30 minutes).

Coupez la fourme en petits morceaux et répartissez-les sur le quinoa. Dès que le fromage est fondu, éteignez le feu et servez immédiatement.

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Carrés fondants au chocolat, pruneaux et noisette (ou la meilleure façon d’utiliser l’okara) – La passion est-elle irrationnelle?

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Bon, mon titre est un peu racoleur: je suis loin d’avoir essayé toutes les manières très inventives et probablement délicieuses d’utiliser l’okara qu’on peut trouver chez plusieurs auteurs et blogueurs. Mais c’est la meilleure que j’aie trouvé jusqu’à présent: c’est donc la meilleure parmi euh… 2 ou 3 recettes… (je sens que mon coup de pub est en train de s’effondrer misérablement, là…).

L’okara, pour ceux qui vivent dans le monde normal et pas dans celui des biovoraces, c’est le résidu de pulpe (d’amande, de soja, de céréales…) qui reste après la fabrication d’un lait végétal. Pour plus d’information sur la manière de faire son propre lait végétal (et donc d’avoir de l’okara), vous pouvez par exemple aller voir ici. Si vous n’avez pas d’okara, je pense que vous pouvez quand même faire cette recette avec de la poudre d’amande à la place (attention, il faudra en mettre un poids inférieur, car l’okara étant humide, il pèse plus lourd). Je n’ai pas essayé, mais ça devrait marcher. Il faudra juste dans ce cas ajouter un petit peu plus de lait d’amande dans la pâte aux pruneaux.

Revenons à nos carrés fondants… Ils sont faits de deux couches richement cacaotées… une pâte onctueuse à base de pruneaux, de fruits secs et de cacao, et une ganache au cacao ultrafondante… Le tout parsemé de noisettes grillées et d’une pointe de fleur de sel…

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Là, si mes arguments de vente suggestifs sont de quelque efficacité, vous êtes en train de trouver des raisons de faire ces « carrés fondants qui ressemblent à des brownies mais qui n’en sont pas mais qui sont en fait meilleurs grâce à la pointe d’acidité apportée par les pruneaux » (j’ai pensé à intituler mon article comme ça, mais…) à la première occasion. Ils sont tellement sains. Ils sont rapides à faire. Pas besoin d’allumer le four. J’ai besoin de chocolat. Je l’ai bien mérité, j’ai survécu à mon lundi. Vous avez peut-être même commencé à penser aux moyens à mettre en œuvre pour vous rapprocher de la dégustation de ces mignardises chocolatées recouvertes de ganache qui font sur la langue.

Je voudrais vous parler un peu de cet usage de la raison… et vous parler un peu de Kant. Certains d’entre vous ont peut-être des souvenirs terrorisés de leurs classes de philosophie au lycée en entendant le nom de Kant… c’est pourquoi j’ai pensé qu’il était préférable d’enrober de chocolat le bonhomme pour le rendre un petit peu plus digeste.

Nous avons tendance à opposer la raison et la passion. La passion, on voit généralement plutôt ça du côté des sentiments, et les sentiments, on voit plutôt ça comme ce qui n’est pas rationnel par nature. Dans les discours qu’on entend un peu partout, on trouve une conception de l’homme qui ressemble à peu près à ça: un cerveau ou esprit rationnel + un « cœur » sentimental + un corps. Beaucoup de gens semblent être à peu près d’accord avec ce modèle. Mais tout ça n’est pas très clair, vous ne trouvez pas? Qu’Est-ce c’est que cette histoire de cerveau rationnel? Le cerveau, c’est ce qui pense? Ah bon, toutes nos pensées sont rationnelles? Et les sentiments, ça sort d’où? En quoi Est-ce différent de la pensée? Et comment Est-ce que tout ça communique? (Quant à l’épineuse question du dualisme corps/esprit, ça sera pour un autre article…)

Bref, il y a beaucoup à dire sur ce sujet – mais aujourd’hui je me contenterai d’appeler Kant à la rescousse pour vous donner quelques pistes sur la question du rapport de la raison aux passions. La passion, pour Kant, n’est pas indépendante de la raison. Au contraire: la passion n’est pas de l’ordre de l’émotion, non, c’est une calme résolution… avec l’accord de la raison. C’est une décision opiniâtre et indéracinable, parce qu’elle est autorisée et soutenue par la raison! Dans la passion, toutes les facultés rationnelles sont mises au service d’une obsession. Que ce soit la passion de l’argent, la passion du jeu, celle de la collection de papillons ou la passion amoureuse, quand on est dedans, c’est la raison que nous suivons… Car c’est à l’aide de la raison que nous cherchons – sans fin – des moyens pour nous rapprocher de ce qui nous intéresse tellement. Ainsi, vous l’avez peut-être remarqué, les comportements les plus obsessionnels sont vécus, concrètement, comme une réflexion rationnelle permanente. Ce type de rationalité, qui se charge de trouver les moyens pour parvenir à un but qui nous intéresse personnellement, est appelé par Kant la rationalité « pragmatique ». La raison pragmatique, c’est celle qui nous dit: « tu veux ça? Voilà ce que tu dois faire. »

Ce qui est néfaste dans la passion, pour Kant, c’est qu’elle kidnappe la raison. C’est un esclavage de la raison – un usage pathologique qui empêche un usage libre de nos facultés rationnelles. En plus, c’est incurable: la victime n’a en effet aucune envie de guérir…

Quand nous cherchons à être plus heureux, nous devons souvent nous battre contre des comportements qui nous font du mal, et dont pourtant nous n’arrivons pas à nous défaire; on peut donc les appeler des passions. Des addictions, des compulsions alimentaires, ou plus répandu encore, la passion de se dévaloriser, ou celle de se plaindre… Tout cela est en fait soutenu par la raison. Alors on accuse la raison: « Arrêtez de penser! » « Vous réfléchissez trop! » « Ecoutez plutôt votre cœur/ votre corps! ». Tout cela est très bien et sûrement très utile à beaucoup de personnes (et écouter son corps, ça ne peut pas faire de mal!). Mais, d’après moi, rejeter notre part rationnelle parce que la raison pragmatique s’est faite complice de nos passions est injuste. Raisonner compulsivement autour d’une obsession, ce n’est pas tout ce dont la raison est capable. Peut-on même vraiment appeler ça « penser »? La raison est un outil qui a de multiples facettes et de multiples usages…

NB: S’il y a des kantiens dans la salle, pardonnez la simplification que j’ai dû lui faire subir et l’outrecuidance que représente le fait de parler de lui au milieu d’une recette de cuisine. Mais corrigez-moi si j’ai fait une grosse erreur, merci!

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Carrés fondants au chocolat, aux pruneaux et aux noisettes

J’ai trouvé l’inspiration chez The Bojon Gourmet, avec ses brownies sans cuisson à base de dattes (recette en anglais).

Vous pouvez facilement doubler les proportions! Parce qu’à la maison on a été très triste quand il n’en est plus resté…

Pour le fondant aux pruneaux:

  • 80g de pruneaux dénoyautés
  • 45g d’okara d’amande
  • 30g de noisettes
  • 3 cuillérées à soupe de lait d’amande
  • 15g de cacao pur non sucré
  • 1 pointe de couteau de vanille en poudre
  • 1 pincée de sel

Pour la ganache:

  • 25g d’huile de coco
  • 1 cuillérée à soupe de lait d’amande
  • 20g de miel
  • 10g de cacao pur non sucré
  • une petite pointe de couteau de vanille en poudre

Finition: fleur de sel

Commencez par torréfier les noisettes: mettez-les dans une petite poêle et faites chauffer à feu moyen en remuant souvent et en surveillant avec la plus grande attention. Quand elles commencent à dorer et à sentir bon, retirez du feu. Mettez les noisettes dans un linge et frottez-les pour enlever les peaux autant que possible.

Prélevez 20g de noisettes et hachez-les. Gardez le reste pour la fin.

Préparez le fondant aux pruneaux: mixez les pruneaux avec le lait d’amande jusqu’à obtenir une pâte onctueuse à peu près homogène. Versez cette pâte dans un bol et ajoutez l’okara, mélangez puis ajoutez le cacao. Bien mélanger. Ajoutez les noisettes hachées, la vanille et le sel, et mélangez à nouveau.

Répartissez cette pâte dans un petit moule sur environ 2cm d’épaisseur. Si vous voulez pouvoir démouler par la suite, il faut tapisser au préalable le moule de papier cuisson (sinon, ça peut très bien se manger à la petite cuillère, personne ne vous jugera…). Réservez au congélateur pendant 15 min, ou au réfrigérateur un peu plus longtemps.

Pendant ce temps, préparez la ganache: mettez tous les ingrédients dans une petite casserole et faites chauffer à feu très doux jusqu’à ce que l’huile de coco soit fondue. Mélangez avec un fouet pour obtenir une préparation homogène et crémeuse.

Sortez la pâte aux pruneaux du congélateur/frigo et étalez la ganache dessus. Coupez grossièrement en morceaux les noisettes réservées plus tôt et répartissez-les sur la ganache. Saupoudrez d’une toute petite pincée de fleur de sel.

Réservez au réfrigérateur pendant au moins une heure avant de démouler, de découper en carrés et de servir.

 

Mantecaos à la farine de pois chiches et aux sucres complets

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Je sais, à première vue, ça ne ressemble pas vraiment à des mantecaos et à leur dôme blanc poudré de cannelle. Mais avant de crier au crime de lèse-mantecaos, d’invoquer les esprits irrités d’ancêtres marocaines ou espagnoles, de pester contre les ingrédients bio-bizarres et la tyrannie de la cuisine « sans », ennemie du goût et du plaisir… Sachez que :

  • les mantecaos à la farine de pois chiches, ça existe déjà, c’est une variante tunisienne.
  • la farine de pois chiches prend un délicieux petit goût de noisette à la cuisson. Ca va très bien avec le sucré, et non, vous n’aurez pas l’impression de manger des biscuits au houmous.
  • les sucres complets (ici de canne et de fleur de coco), qui donnent leur couleur brune peu orthodoxe à mes mantecaos, sont meilleurs que le sucre blanc, surtout dans les biscuits.
  • Contrairement aux mantecaos que j’ai mangé jusqu’ici, qui peuvent être un peu étouffe-chrétien, ceux-là sont moelleux à cœur, et croustillants sur les bords, un peu comme un sablé croisé avec un cookie.

 

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Convaincus? Non? Dans ce cas, un petit texte pour vous encourager à ne pas vous agripper à vos certitudes et vos préjugés, et à accepter la transformation de vos opinions… De Montaigne, philosophe connu pour sa souplesse d’esprit:

« Je ne peints pas l’être, je peints le passage: non un passage d’un âge en autre, ou comme le dit le peuple, de sept ans en sept ans, mais de jour en jour, de minute en minute. Il faut accommoder mon histoire à l’heure. Je pourrais bientôt changer, tant de fortune que d’intention: c’est une contredanse de divers et muables accidents, et imaginations irrésolues, et, le cas échéant, contraires: soit que je sois autre moi-même, soit que je saisisse les sujets par d’autres circonstances et considérations. Tant il y a que je me contredis bien à l’aventure, mais la vérité, comme disait Demades, je ne la contredis point. Si mon âme pouvait prendre pied, je ne m’essaierais pas, je me résoudrais: elle est toujours en apprentissage et en épreuve. » (Montaigne, Essais, III, 2, vocabulaire modernisé par mes soins).

Qu’est-ce que ça veut dire? Le monde et nous-mêmes sommes en perpétuel changement. Par conséquent, il est inutile d’essayer d’avoir une connaissance définitive des choses (« peindre l’être »). La certitude d’aujourd’hui paraîtra demain absurde, pour peu que nous ayons vu les choses sous un jour différent (et le jour de demain sera différent!) ou changé d’état d’esprit. Mais cela ne signifie pas qu’il faille renoncer à la recherche de la vérité: au contraire, c’est seulement en gardant cette souplesse mentale qu’on peut reconnaître la vérité quand on la voit (« mais la vérité, je ne la contredis point »): car la vérité est elle-même changeante.

Alors, essayez!

 

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Mantecaos à la farine de pois chiches et aux sucres complets

Je me suis inspirée d’une recette de My Sweet Faery.

  • 200g de farine de pois chiches
  • 50g de sucre de coco + 30g de sucre de canne complet; ou tout coco, ou tout canne, comme vous voudrez
  • 10cl d’huile d’olive
  • 1/4 de cuillère à café de vanille en poudre
  • 3 cuillérées à café de cannelle en poudre
  • 3 cuillérées à soupe d’eau

Préchauffez le four à 180°C.

Dans un saladier, mélangez les sucres avec l’huile d’olive. Ajoutez la vanille et la cannelle, puis la farine de pois chiches. Ajoutez l’eau une cuillérée à la fois: on doit obtenir un mélange très sableux, mais avec lequel on peut quand même former des boules en le pressant dans les mains.

Recouvrez une plaque de papier cuisson et déposez dessus des boules de pâte de la taille d’une balle de ping-pong en les aplatissant légèrement.

Enfournez pour 12 à 15 minutes.

Au sortir du four, les biscuits sont très mous: attendez qu’ils refroidissent un peu avant de les décoller avec une spatule en métal et de les déposer sur une grille à pâtisserie. Saupoudrez d’un peu de cannelle et laissez refroidir complètement.

Suggestion d’accompagnement: de la compote de poire ou de pomme…